Témoignage pour le guide « Libre Association »

Je me suis récemment inscrit sur la liste de diffusion de « Libre Association », un groupe de l’April, association dont je suis membre. Alors qu’ils élaboraient la prochaine version d’un guide sur les logiciels libres, j’ai mentionné l’existence de Project-1901. Le logiciel n’est manifestement pas encore assez abouti et/ou accessible pour être indiqué pour une association (et je suis d’accord sur ce point), mais ils m’ont demandé d’écrire un témoignage, ce que j’ai fait sur leur page wiki dédiée. Voici mon texte original reproduit ci-après

Développement d’un logiciel de gestion d’adhérents: Project-1901

Qui témoigne ?

Je suis Julien Béti, aka Motofix, 35 ans. Je travaille chez un éditeur en tant que « Responsable Méthodes et Outils » (Infrastructure / Usine de production logicielle / Socle Technique). Plongeur, je suis membre du CA et responsable informatique du CNHC, Club Nautique de Houilles et Carrières-sur-Seine, qui regroupe les sections Aquaforme, Éveil Aquatique, Natation, Nage avec Palmes en plus de la Plongée enfants et adultes (1059 adhérents cette année).

Comment Project-1901 est-il né ?

La section Plongée est animée par des moniteurs et encadrants bénévoles, qui ne comptent ni leur temps ni leurs efforts pour faire découvrir et enseigner la plongée. Adhérent au CNHC depuis plusieurs années, j’y ai passé mes niveau jusqu’au N3, mon grade actuel. Il y a 4 ans, lorsque le club a annoncé rechercher de l’aide pour remplacer le responsable informatique actuel, j’ai trouvé là l’occasion remercier le club, et j’ai répondu présent.

La gestion des adhérents était alors effectuée via un logiciel « client lourd » maison, très spécifique à chaque section, développé depuis des années sur une plate-forme propriétaire. Je tiens à saluer l’effort qu’a représenté ce logiciel, développé et mis en place par un non-informaticien. Le résultat était plus qu’honorable, et bien intégré par les utilisateurs. Mais plusieurs raisons m’ont amené à proposer une alternative:

  • Technologie lourde, propriétaire et obsolète. J’ai vraiment eu du mal à m’y mettre, la maintenance était difficile
  • Une application spécifique par section, et une dernière application pour re-centraliser les données (via échanges de fichiers, export / imports douloureux)
  • Pas de base centralisée accessible par les responsables du CA

Mon activité professionnelle évoluant, je voulais conserver une activité de développement, en en profitant pour me former à de nouvelles technos (Hibernate, ExtJS,…). Voilà l’occasion de joindre l’utile à l’agréable: je développerai l’alternative proposée.

Licence Libre ?

J’utilise le logiciel libre depuis des années, et pour moi les licences libres s’imposent d’elles-même dans le milieu associatif. Le développement de ce logiciel est ma contribution bénévole à mon club. Cela étant dit, dans le milieu du logiciel libre comme ailleurs, je supporte assez mal que le travail bénévole des uns enrichisse financièrement les autres. Ainsi, mon logiciel n’est placée sous licence libre que dans le cadre d’une activité à but non lucratif.

Project-1901 en Bétâ… et en prod!

Project-1901 est un logiciel de gestion d’association type « loi 1901 ». Il est hébergé sur SourceForge

En développement depuis plus de 2 ans, le projet vient de connaître des étapes importantes puisque les dernières modifications lui ont permis de passer en production pour la gestion de l’association CNHC (Club Nautique de Houilles et Carrières sur Seine), qui comporte plus de 1000 adhérents actifs, et un historique de plus de 3000 adhérents qui ont été « migrés » avec succès.

À cette occasion, Project-1901 est donc passé en Bétâ et une nouvelle version 0.02.01 a été déposée sur SourceForge. La liste des fonctionnalités couvertes dans cette version est:

  • Configuration souple
    • Multi-association: sélection basée sur le nom DNS
    • Saisons, Sections et Catégories
    • « Éléments » de Section:
      • Persistants sur les saisons ou non
      • Obligatoires ou non
      • À liste de valeur ou à saisie libre
      • À sélection multiple ou non
      • Avec un coût ou non
  • Gestion des rôles au niveau de l’association et au niveau des sections
  • Gestion des paiements
  • Vérification de la validité des membres
  • Processus d’identification lors de la création d’un nouveau membre pour éviter les doublons
  • Fonctionnalité d’envoi de courriels
  • Création de rapports facilité (JasperReports)

Un effort particulier a été fait pour la documentation du modèle de donnée, en attendant les fonctionnalités d’administration du référentiel. Pour le moment il est en effet nécessaire d’effectuer toute la configuration directement en base…

Pour aller plus loin:

La prochaine étape est le développement de la gestion de l’assemblée générale…

YANoPaste! 1.3.0

C’est l’hiver, j’ai laissé de côté mon Hayabusa pour quelques semaines… À moi les joies du transilien et du « lap-development » sur eee-pc, et faire avancer ainsi YANoPaste! et Project-1901.

YANoPaste!, pour Yet Another NoPaste!, est un « paster » en PHP sans base de donnée sous licence libre GPLv3. Ce genre de logiciel permet de partager du contenu en ne référençant q’une URL, avec des fonctionnalités comme la colorisation, numérotation de ligne, etc.

Cette nouvelle version 1.3.0 est le résultat de la prise en compte de la plupart des remarques remontées sur LinuxFR suite à l’annonce de la version 1.2.0 (c’était il y a … bon sang 2 ans déjà!), et des évolutions prévues. On a donc principalement:

  • Choix de la durée de rétention (configurable), y compris rétention définitive.
  • Protection des bots par un « catcha » simple à partir d’une certaine durée de rétention (configurable)
  • Possibilité de faire un « reply » sur un paste pour modifier le contenu par exemple
  • Possibilité de demander un « diff » entre 2 reply

La version 1.3.0 est déjà disponible en démo (pas de rétention définitive, j’ai pas de NAS chez moi 😉 ), que vous pouvez utiliser à loisir. Si vous rencontrez un bug, n’hésitez pas à me le signaler sur mon bug-tracker.

La question des standards dans le plan numérique des collèges

Photo Kathy Cassidy - Creative Commons

Il y a une chose que je trouve intéressante avec les systèmes de statuts comme Twiter ou identi.ca: on peut se mettre à suivre des organismes publics, et ainsi se tenir facilement au courant, par exemple, des évènements dans son département. C’est ainsi que je « follow » mon département, le Val d’Oise.

J’apprends par ce canal que des investissements ont été consentis dans les collèges pour un « plan numérique ».

En parcourant l’article sur le site, plusieurs choses me chagrinent:

  • On se limite a des effets d’annonce, entre la dépêche AFP et le publi-communiqué
  • Pas de références pour en savoir plus, pas de moyen de contacter l’auteur de l’article
  • Pas de possibilité de laisser un commentaire, même modéré, pour exprimer son opinion, poser des questions, discuter…

Or il se trouve que dès que l’on parle d’équipements informatiques dans le public, je trouve qu’il y a des questions importantes qui méritent d’être posées…

A la lecture de l’article, j’identifie M. Gérard SEBAOUN comme la personne à contacter pour poser ces questions. Une rapide recherche sur internet et je tombe sur son blog, dont le survol des titres ne me rassure guère: ça à l’air de remuer beaucoup d’air, plus intéressé par sa ville que par le département, une tendance manifeste à la polémique… En tout cas rien sur son rôle de « vice-président chargé de l’Education, la Jeunesse et la Prévention »… Je fini par trouver lien pour contacter l’auteur, voici mon message:

Monsieur,

Je me permet de vous contacter aujourd’hui suite à la lecture de l’article « Rentrée des collèges : Tout pour la réussite des jeunes Valdoisiens » paru sur le site internet du département du Val d’Oise.

On y apprend que des investissement ont été réalisés pour l’équipement numérique de collèges « pilotes », et notamment des tableaux interactifs.

On ne peut que se féliciter de voir l’équipement de nos structures d’éducation se moderniser, mais dans le monde du numérique il est primordial de s’assurer de l’ouverture de ces équipements, du respect de standards qui permettront de rester indépendants des fournisseurs, notamment des fournisseurs de logiciels.

Pilotes, logiciels, formats de fichiers… il y a cependant quelques questions à se poser si l’on ne veut pas se retrouver pieds et poings liés autour d’une technologie propriétaire.

Je ne saurais que trop vous conseiller la lecture de l’article suivant publié sur le Framablog, traitant de ce sujet: Tableau numérique interactif et interopérabilité.

En espérant avoir retenu toute votre attention, je vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression des sentiments distingués.

C’était il y a 4 jours, pas de réponse reçue à ce jour. Je ferai bien entendu une mise à jour si cela devait se produire.

Autonomie – la liberté de pensée


Autonomie: la liberté de pensée
est l’un des meilleurs livre de science fiction qui m’ai été donné de lire.

Cet avis ne sera sûrement pas partagé par tous, on ne peut pas dire que ce soit un monument de littérature. Mais les sujets abordés ont une résonance particulière chez moi.

Il y est question de liberté, de progrès technologique, d’évolution et de collaboration. C’est l’histoire d’une communauté qui entre en opposition frontale avec un monde réel ankylosé par la suprématie de grands groupes industriels, dont le pouvoir repose sur l’utilisation la plus dangereuse de la propriété intellectuelle: les brevets.

Je parle d’opposition au monde réel parce que ce nouveau mouvement naît dans un monde virtuel où les membres sont « transchargés ». Leur enveloppe charnelle restant en sommeil profond pendant ce temps, et visitée de temps en temps pour entretient et satisfaction de besoins physiologiques… primaires.

J’ai vraiment aimé la manière dont de nombreux aspects et implications d’une vie virtuelle, « digitale », ont été explorés. Les impacts sur le monde réel sont aussi bien vus.

Ce qui est légèrement inquiétant, c’est que si la notion de vie dans le virtuel telle qu’elle est imaginée relève encore de la pure science fiction, le monde réel, avec son innovation agonisante, ses état-pions des grandes multinationales, tel qu’il est décrit se rapproche bien plus de ce que nous risquons de connaître plus vite que nous le pensons….

Pour finir, le livre est sous licence Creative Commons, ce qui ne gâche rien, et est donc téléchargeable gratuitement. Le livre est aussi disponible au format papier chez In Libro Veritas, si vous faites partie de ceux qui, comme moi, préfèrent tenir entre les mains un vrai livre, qui sent bon le papier et qui trône sur une bibliothèque, amenant foule d’images et de sensations à chacun des regards posé dessus..

FreeD.O.M. Records

FreeD.O.M. Records

C’est avec enthousiasme que je vous présente Freedom Records! En deux mots, il s’agit d’un label communautaire destiné à sélectionner, produire et diffuser de la musique sur Internet. Le mieux est encore de lire leur philosophie dont voici une partie:

Parce que la musique ou toutes autres formes d’art ne devraient et ne doivent plus être soumises à toutes contraintes commerciales, budgétaires, économiques et financières.

Depuis de nombreuses années nous subissons une standardisation de la culture musicale. La majorité des oeuvres signées, distribuées et diffusées sur la plupart des médias actuels répondent de plus en plus à des critères de mode, de formatage mais surtout de rentabilité commerciale, ce qui nous conduit, je pense, vers un appauvrissement progressif de notre culture. La crise actuelle du marché du disque conforte hélas de plus en plus ce phénomène. De plus l’apparition de textes de loi comme HADOPI, les projets d’extension du Copyright à vie, la numérisation de plus en plus systématique d’oeuvres ne garantissent pas, dans un avenir à plus ou moins long terme, une liberté totale d’accès au patrimoine culturel de l’Humanité, mais pérennisent assurément les intérêts financiers de l’industrie musicale dont les artistes ne profiteront pas certainement…

Victor Hugo lui même disait:

Le livre comme livre, appartient à l’auteur, mais comme pensée, il appartient – le mot n’est pas trop vaste – au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare doivent passer avant nous. (Discours d’ouverture du Congrès littéraire international de 1878)

Cette citation nous fait comprendre que

L’oeuvre sur son support appartient à l’auteur,aujourd’hui on dirait l’éditeur ou le producteur, mais que l’oeuvre en dehors de son support, en pensée, appartient à l’humanité. (Mathieu Pasquini, « La Bataille Hadopi »).

Personne aujourd’hui n’est en mesure d’affirmer que le support physique (CD, DVD, livre…) va totalement disparaître dans les années à venir, mais, grâce au développement considérable du réseau Internet ces quinze dernières années, il n’est désormais plus indispensable. Ce qui nous laisse une alternative…

Je soutiens ce projet parce qu’il est d’abord une nouvelle preuve, si il en fallait, que les artistes sont sensibles aux évolutions technologiques qui les entourent, et sont prêt à les embrasser pour se rapprocher de leur public.

Je soutiens ce projet parce qu’il porte une vision du lien direct artiste – public équilibré, permettant dans un premier temps à l’artiste d’être connu, reconnu, en lui laissant toujours le choix de la manière dont sa musique est distribuée. Commencer par de la musique sous licence Creative Commons constitue bien un investissement de l’artiste pour être visible. Car même si les nouvelles technologies permettent de réduire considérablement les investissements nécessaires à la promotion d’un artiste, ce qui rend obsolète le modèle économique des Majors du siècle dernier, il reste un investissement à effectuer. Je ne suis pas spécialiste, mais au delà du coût d’hébergement d’un site Internet qui doit être marginal, l’enregistrement en studio digne de ce nom ne doit pas être gratuit… Il ne tient qu’à nous, public, de prouver que le don direct à l’artiste, ou encore se déplacer aux concerts, peuvent être suffisants pour que ce dernier ne change pas la licence de ses oeuvres à venir…

Enfin, je soutiens ce projet pour la qualité des oeuvres qui y sont proposées. La promesse de ce site est bien d’agir comme le ferait un label, et donc que les contenus sont évalués avant d’être publiés. Si il est important d’avoir des solutions comme Jamendo pour que tout un chacun puisse déposer ses créations, je pense qu’il est aussi intéressant d’avoir des labels qui permettent une présélection des morceaux de musique (surtout pour les analphabètes musicaux comme moi :p). Après tout, ce serait un peu le retour, économiquement viable, des petites boutiques de disque qui semblent tant manquer aux « vrai » mélomanes…

Largage de lien en vrac #3

Les liens et commentaires postés sur mon compte identi.ca:

Participer activement au débat LOPPSI avec la Quadrature du Net

C’est une bonne initiative, et j’y ai répondu avec plaisir en envoyant un livret au député de mon département, Philippe Houillon. Voilà le message que j’ai joint à l’envoi:

Monsieur,

Habitant du Val d’Oise et Informaticien de formation, c’est parce que je comprend les enjeux fondamentaux qui se cachent derrière certains articles de la prochaine loi « LOPPSI » que je me permet de vous interpeller, et vous communiquer le document ci-joint.

En espérant que vous saurez trouver le temps de le parcourir, je me tiens à votre disposition au xx.xx.xx.xx.xx pour répondre à vos éventuelles questions.

En comptant sur vous pour faire les bons choix lors des débats parlementaires, où j’espère avoir le plaisir de vous suivre