Le téléphone sonne sur France Inter: « Autos et motos : la paix est-elle possible ? »

Mise à jour 2011-08-20: le sujet n’a pas trompé beaucoup de monde, manifestement les gens partagent plutôt mon avis: ça se passe globalement très bien, et il n’est donc pas question de « paix » puisqu’il n’y a pas de « guerre ». Le débat a très vite dévié vers des sujets de sécurité routière, avec les clichés et argumentaires habituels, de part et d’autre.

Publicité Sécurité Routière: Partageons la routeOn ne peut pas leur en vouloir faire de l’audience, mais la question et l’introduction au débat est clairement orienté vers la polémique:

Autos et motos : la paix est-elle possible ?

Automobilistes et motocyclistes cesseront-ils un jour de se disputer dangereusement la route ?

Comment parvenir en France à une cohabitation pacifique et courtoise entre deux-roues et quatre-roues ?

J’ai écrit une réaction, qui n’est pas encore publié:

Je fais 100km/jour à moto pour me rendre à mon travail dans l’ouest Parisien. 99.9% des automobilistes ont un comportement admirable avec les motards, et je profite de cette tribune pour les remercier une fois encore.

99.9% des motards sont aussi des personnes responsables et conscientes que de mauvaises habitudes, une erreur d’inattention ou une infrastructure routière mal conçue et mal entretenue peut la tuer.

Je pense que la question est orientée et donc mal posée. La cohabitation pacifique et courtoise existe déjà. Les bonnes questions seraient:

  • Comment éviter la mise en place d’infrastructures meurtrières?
  • Comment inciter à l’achat d’équipements de sécurité sans ressembler à un arbre de noël?
  • Comment intégrer la perception des usagers fragiles de la route dans le cursus du passage du permis?

La FFMC sera manifestement présente lors des débat. J’espère qu’elle réussira à orienter celui-ci vers quelque chose de plus positif…

Sitting FFMC à La Défense

Mercredi dernier était organisé un pique-nique moto à La Défense. En résumant rapidement, nous voulions montrer, à l’occasion de la prochaine réunion de concertation entre le gouvernement et les représentants de deux-roues motorisés, l’attachement des usagers de deux-roues motorisés à leur propre sécurité et à des mesures réellement efficaces pour la sécurité routière.

A cette occasion, j’ai été interviewé par un journaliste de Moto mag. Je ne sais pas si tout ou parti de cette interview sera publiée dans le prochain numéro (auquel cas je ferai une mise à jour de cette publication), mais me voilà bien présent sur le site de motomag.

Ce n’est jamais facile d’expliquer nos revendications. Soit c’est envers un public acquis d’avance et ça ne sert pas à grand chose, à savoir les conducteurs de 2RM, soit c’est envers les autres dont le jugement est bien souvent biaisé pour 3 raisons principales.

L’arbre qui cache la forêt

C’est une généralité, je pense, dès que l’on parle d’un groupe d’individus, quels qu’ils soient: le comportement d’une minorité occulte celui de la majorité. Comme certains usagers de 2RM ont tendance à généraliser le comportement de quelques automobilistes, le comportement de quelques 2 roues plus visible que les autres masque le respect envers les autres que témoignent la majorité des motards.

Dans les comportements qui nous font du mal, on peut citer, en vrac, le bruit (faire gueuler son moteur la nuit en ville), les gestes, appels de phare et autres coup de klaxon lors des remontées de file, une vitesse excessive en ville (ne jamais confondre excès de vitesse et vitesse excessive, hein, on est pas encore des machines)…

A tous ceux qui exacerbent ces comportements, je demande simplement d’ouvrir le yeux et d’être réellement attentifs à la masse silencieuse.

Méconnaissance du 2RM

Souvent, avant d’expliquer pourquoi on est contre une mesure, pour une proposition, il ne faut pas oublier d’expliquer ce que nous sommes. Malheureusement, toutes les explications du monde ne vaudront jamais l’expérience de quelques tours de roues, mais il faut au moins prendre conscience que nos interlocuteurs ne peuvent tout simplement pas comprendre complètement notre point de vue. A minima, il faut au moins réussir à leur faire prendre conscience de cet état de fait.

Médias et dialogue avec un militant

Le 2 roues est un moyen de transport plus dangereux que la voiture. C’est ainsi, et par « construction », on est pas ici pour le nier, qui le peut? Comme la voiture est un moyen de transport plus dangereux que le train, qui est plus dangereux que l’avion. La plupart d’entre nous en sont bien conscient, peu importe celui qui avait tord ou raison, à la fin, celui qui est mort, c’est souvent le motard.

Est-ce une raison pour stigmatiser cet état de fait jusqu’à associer motard et inconscient? Il y en a pourtant des comportements qu’il serait bon de stigmatiser davantage dans les médias. Mais le motard fou, ça fait vendre et les lobbies industriels ne sont sans doute pas assez puissants…

Même si aujourd’hui on a bien plus à se méfier des médias que des militants, puisque au moins ces derniers assument et affichent leurs « objectifs de manipulation », les gens sont par défaut peu enclins à se laisser influencer par des arguments d’un militant. Je trouve que c’est une contradiction remarquable: aujourd’hui plus on est militant, moins il est facile de convaincre. Les médias traditionnels nous manipulent de manière éhontée, et la plupart des gens se laissent faire. N’est-ce pas plus franc que de discuter avec une personne qui ne cache pas ses objectifs et ses convictions? C’est tellement plus enrichissant et vrai, à partir du moment bien sûr où ça ne tourne pas au dialogue de sourd…

Subjectivité?

On peu bien évidemment contester cette analyse produite par un motard, militant de surcroît, et on aura sans doute raison. Il faut bien cependant que les différents acteurs se parlent, et se comprennent. Pour cela il faut que ceux qui ont des revendications comprennent le jugement « à priori » des autres, en gardant son calme, en reformulant, en adaptant le discours et en évitant de se justifier en fustigeant autrui. Les « autres » pourraient alors prendre conscience de leurs préjugés et autres opinions, pour élever le débat.

C’est loin d’être évident, mais possible. Sauf à avoir en face un membre de l’association contre la violence routière ou assimilé, la discution est possible et enrichissante, pour tout le monde.

Mes revendications

Il faudrait que je prenne le temps de détailler, documenter et développer chacune d’entre elles (dans des prochains messages peut-être?), ne serait-ce que pour éviter les écueils d’incompréhension dont je viens de parler… Tant pis je prends le risque de penser que les lecteurs attendront ces hypothétique nouveaux messages, ou mieux consulteront le site de la FFMC, de motomag ou les dossiers de la FFMC.

Remontée des files

Les 2 roues remontent les files de voiture, principalement en périphérie des grande agglomérations françaises. Oui les voitures jouent le jeu dans leur très grande majorité. Oui c’est moins dangereux que de se retrouver en sandwitch entre 2 voitures dont les conducteurs téléphonent, se maquillent, lisent le journal, se curent le nez,… jouent parfois de la pédale de frein de manière chaotique. Oui ce serait mieux si c’était enseigné pendant le permis moto, et une sensibilisation faite pendant le permis voiture. Oui il faudrait que ce soit encadré par des règles simples (toujours entre dernière et avant dernière voie, priorité aux voitures qui changent de file, différentiel de vitesse approprié, etc…). Bref, oui il faudrait que ce soit légalisé.

Contrôle technique

Moins de 1% des accidents de 2 roues sont dus à l’état du véhicule. Arrêtons les effets d’annonce et d’enrichir inutilement le secteur privé. Pourquoi raconter en permanence des salades aux gens pour la simple raison que cela correspond à leurs préjugés? Comme disait Coluche:

Ils voudraient qu’on soient intelligents, et ils nous prennent pour des cons, mais comment on ferait alors???

Limitation à 100ch

Voilà une exception française dont on se passerait bien. Regardons simplement autour de nous, partout en europe, le constat est simple: le bridage des motos à 100ch en France ne sert qu’aux assurances: moto remise conforme aux spécifications d’origine constructeur(débridée donc) = pas de prise en charge en cas d’accident, même non responsable. Bravo.

On se retrouve avec une Suzuki 600 GSX-R avec le même nombre de chevaux qu’une Honda Goldwing. Cherchez l’erreur.