FreeD.O.M. Records

FreeD.O.M. Records

C’est avec enthousiasme que je vous présente Freedom Records! En deux mots, il s’agit d’un label communautaire destiné à sélectionner, produire et diffuser de la musique sur Internet. Le mieux est encore de lire leur philosophie dont voici une partie:

Parce que la musique ou toutes autres formes d’art ne devraient et ne doivent plus être soumises à toutes contraintes commerciales, budgétaires, économiques et financières.

Depuis de nombreuses années nous subissons une standardisation de la culture musicale. La majorité des oeuvres signées, distribuées et diffusées sur la plupart des médias actuels répondent de plus en plus à des critères de mode, de formatage mais surtout de rentabilité commerciale, ce qui nous conduit, je pense, vers un appauvrissement progressif de notre culture. La crise actuelle du marché du disque conforte hélas de plus en plus ce phénomène. De plus l’apparition de textes de loi comme HADOPI, les projets d’extension du Copyright à vie, la numérisation de plus en plus systématique d’oeuvres ne garantissent pas, dans un avenir à plus ou moins long terme, une liberté totale d’accès au patrimoine culturel de l’Humanité, mais pérennisent assurément les intérêts financiers de l’industrie musicale dont les artistes ne profiteront pas certainement…

Victor Hugo lui même disait:

Le livre comme livre, appartient à l’auteur, mais comme pensée, il appartient – le mot n’est pas trop vaste – au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare doivent passer avant nous. (Discours d’ouverture du Congrès littéraire international de 1878)

Cette citation nous fait comprendre que

L’oeuvre sur son support appartient à l’auteur,aujourd’hui on dirait l’éditeur ou le producteur, mais que l’oeuvre en dehors de son support, en pensée, appartient à l’humanité. (Mathieu Pasquini, « La Bataille Hadopi »).

Personne aujourd’hui n’est en mesure d’affirmer que le support physique (CD, DVD, livre…) va totalement disparaître dans les années à venir, mais, grâce au développement considérable du réseau Internet ces quinze dernières années, il n’est désormais plus indispensable. Ce qui nous laisse une alternative…

Je soutiens ce projet parce qu’il est d’abord une nouvelle preuve, si il en fallait, que les artistes sont sensibles aux évolutions technologiques qui les entourent, et sont prêt à les embrasser pour se rapprocher de leur public.

Je soutiens ce projet parce qu’il porte une vision du lien direct artiste – public équilibré, permettant dans un premier temps à l’artiste d’être connu, reconnu, en lui laissant toujours le choix de la manière dont sa musique est distribuée. Commencer par de la musique sous licence Creative Commons constitue bien un investissement de l’artiste pour être visible. Car même si les nouvelles technologies permettent de réduire considérablement les investissements nécessaires à la promotion d’un artiste, ce qui rend obsolète le modèle économique des Majors du siècle dernier, il reste un investissement à effectuer. Je ne suis pas spécialiste, mais au delà du coût d’hébergement d’un site Internet qui doit être marginal, l’enregistrement en studio digne de ce nom ne doit pas être gratuit… Il ne tient qu’à nous, public, de prouver que le don direct à l’artiste, ou encore se déplacer aux concerts, peuvent être suffisants pour que ce dernier ne change pas la licence de ses oeuvres à venir…

Enfin, je soutiens ce projet pour la qualité des oeuvres qui y sont proposées. La promesse de ce site est bien d’agir comme le ferait un label, et donc que les contenus sont évalués avant d’être publiés. Si il est important d’avoir des solutions comme Jamendo pour que tout un chacun puisse déposer ses créations, je pense qu’il est aussi intéressant d’avoir des labels qui permettent une présélection des morceaux de musique (surtout pour les analphabètes musicaux comme moi :p). Après tout, ce serait un peu le retour, économiquement viable, des petites boutiques de disque qui semblent tant manquer aux « vrai » mélomanes…

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