Motomag sur ePresse… Mais où est le PDF?

Edit du 08/04/2013: mon commentaire a bien été publié 🙂

Motomag a publié récemment une dépêche annonçant la disponibilité du magazine sur ePresse

Malheureusement, c’est encore un service qui ne permet pas de disposer « librement » du contenu, c’est à dire de pouvoir le conserver chez moi, hors ligne, dans un format ouvert, et le consulter sur l’OS et le terminal de mon choix… Bref, un simple PDF aurait fait l’affaire, mais non, on doit passer par une appli de m… réservée à certains OS, certain terminaux, et qui empêche sans aucun doute l’export dans un format plus libérateur.

Alors j’ai voulu laisser un commentaire « édulcoré » sur l’article, mais curieusement, il ne semble pas avoir passé la modération… Si Motomag censure ses commentaires de la sorte, il y a de quoi être profondément déçu… Pour mémoire, voici le commentaire (toujours copier quelque part ses commentaires en cas de non-publication)

Je suis tout à fait preneur d’un Motomag en version électronique… à condition de pouvoir le conserver et en disposer chez moi, sur le terminal et l’OS de mon choix, dans un format ouvert, comme le PDF.

Pourquoi une appli dédiée à installer sur mobile / tablette, si ce n’est pour empêcher de conserver le contenu « à la maison » comme on peut le faire aujourd’hui avec les mags papier? Pour contrôler / enfermer l’utilisateur dans un modèle qui le rend prisonnier des éditeurs?

Un simple PDF, s’il vous plaît!!!!

Témoignage pour le guide « Libre Association »

Je me suis récemment inscrit sur la liste de diffusion de « Libre Association », un groupe de l’April, association dont je suis membre. Alors qu’ils élaboraient la prochaine version d’un guide sur les logiciels libres, j’ai mentionné l’existence de Project-1901. Le logiciel n’est manifestement pas encore assez abouti et/ou accessible pour être indiqué pour une association (et je suis d’accord sur ce point), mais ils m’ont demandé d’écrire un témoignage, ce que j’ai fait sur leur page wiki dédiée. Voici mon texte original reproduit ci-après

Développement d’un logiciel de gestion d’adhérents: Project-1901

Qui témoigne ?

Je suis Julien Béti, aka Motofix, 35 ans. Je travaille chez un éditeur en tant que « Responsable Méthodes et Outils » (Infrastructure / Usine de production logicielle / Socle Technique). Plongeur, je suis membre du CA et responsable informatique du CNHC, Club Nautique de Houilles et Carrières-sur-Seine, qui regroupe les sections Aquaforme, Éveil Aquatique, Natation, Nage avec Palmes en plus de la Plongée enfants et adultes (1059 adhérents cette année).

Comment Project-1901 est-il né ?

La section Plongée est animée par des moniteurs et encadrants bénévoles, qui ne comptent ni leur temps ni leurs efforts pour faire découvrir et enseigner la plongée. Adhérent au CNHC depuis plusieurs années, j’y ai passé mes niveau jusqu’au N3, mon grade actuel. Il y a 4 ans, lorsque le club a annoncé rechercher de l’aide pour remplacer le responsable informatique actuel, j’ai trouvé là l’occasion remercier le club, et j’ai répondu présent.

La gestion des adhérents était alors effectuée via un logiciel « client lourd » maison, très spécifique à chaque section, développé depuis des années sur une plate-forme propriétaire. Je tiens à saluer l’effort qu’a représenté ce logiciel, développé et mis en place par un non-informaticien. Le résultat était plus qu’honorable, et bien intégré par les utilisateurs. Mais plusieurs raisons m’ont amené à proposer une alternative:

  • Technologie lourde, propriétaire et obsolète. J’ai vraiment eu du mal à m’y mettre, la maintenance était difficile
  • Une application spécifique par section, et une dernière application pour re-centraliser les données (via échanges de fichiers, export / imports douloureux)
  • Pas de base centralisée accessible par les responsables du CA

Mon activité professionnelle évoluant, je voulais conserver une activité de développement, en en profitant pour me former à de nouvelles technos (Hibernate, ExtJS,…). Voilà l’occasion de joindre l’utile à l’agréable: je développerai l’alternative proposée.

Licence Libre ?

J’utilise le logiciel libre depuis des années, et pour moi les licences libres s’imposent d’elles-même dans le milieu associatif. Le développement de ce logiciel est ma contribution bénévole à mon club. Cela étant dit, dans le milieu du logiciel libre comme ailleurs, je supporte assez mal que le travail bénévole des uns enrichisse financièrement les autres. Ainsi, mon logiciel n’est placée sous licence libre que dans le cadre d’une activité à but non lucratif.

Donation et logiciel / culture libre

C’est peut-être juste une impression personnelle, mais il me semble que de plus en plus de site de logicels / culture libre font appel aux donations pour permettre leur extension.

En soi, je n’y vois pas vraiment un problème, puisqu’il n’y a rien d’obligatoire, et ce système présente l’avantage de permettre à ceux qui n’ont pas le temps ou la capacité de participer, ou tout simplement qui ont envie de faire un geste, de participer de cette façon. C’est ainsi que j’ai par exemple fait une donation à framasoft, ou encore que je me suis inscrit comme adhérent à l’april

Je remarque cependant deux effets collatéraux. Premièrement, une sorte d’effet de mode, comme une solution efficace à un problème de subsistance. Le soucis n’est bien entendu pas l’effet de mode, mais le problème de subsistance qui se trouve derrière. En effet, est-ce que nous n’atteignons pas une certaine limite dans une des formes d’expansion de la culture / des logiciels libres? Je pense que la plupart de ceux qui ont initié un mouvement libre ne l’ont pas fait pour l’argent, alors pourquoi tout d’un coup ce besoin? Si il y a une forme d’épuisement, pourquoi ce n’est pas résolu par un roulement des acteurs plutôt que par la rémunération des premiers?

Ce premier effet n’est pas vraiment un problème parce que en y réfléchissant, soit les gens sont d’accord pour soutenir financièrement maintenant, et surtout dans la durée, et le système fonctionnera. Soit le principe va s’essouffler et les organisations reposant sur ce principe vont disparaître au profit d’autres avec un système de fonctionnement plus « traditionnel ». Ce roulement, interne à une organisation ou entre organisation est à mon avis sain, et c’est ainsi qu’une partie du chemin du libre se construit depuis longtemps.

Le deuxième effet est plus ennuyeux à mon avis: il s’agit d’une certaine aigreur, à peine dissimulée parfois, de la part de ceux qui ont mis en place un système de donation dans leur organisation, envers le faible montant récolté. Je pense là qu’il y a deux conséquences négatives:

  • Une dé-motivation de la part des contributeurs qui peuvent avoir l’impression d’être les dindons de la farce, alors qu’à l’origine je pense qu’ils « ne faisaient pas ça pour ça ».
  • Les utilisateurs peuvent avoir des scrupules à continuer à se servir d’une application ou d’un site sans contribuer. Ils peuvent avoir alors l’impression d’un petite tromperie sur la « marchandise » puisque la contribution ainsi mise en place, et surtout les commentaires « acidulés » des contributeurs, ne faisait pas partie du « contrat » d’origine.

Je ne vais pas m’étendre d’avantage sur le sujet, mais en guise de conclusion je dirais que oui dans l’ensemble il s’agit d’une bonne idée puisque cela permet à ceux qui le souhaitent de contribuer de cette manière, mais cela doit être fait comme un service offert, pas une attente appuyée, voir revendicative, de la part des contributeurs